troisième journée

Posté par nemla le 7 août 2008

Ce mercredi 6 août  a été très animé. En matinée les jeunes palestiniens et français se consacraient à leurs travaux artistiques en vue de la représentation théâtrale qui ouvrira la soirée sur la commémoration de la Nakba.

Pendant ce temps,  le Comité Action Palestine réalisait une interview filmée de Saïd Bouamama sur la question palestinienne. Riche en analyse et en enseignement, cette interview sera très prochainement disponible sur le site du Comité Action Palestine. En attendant, vous pouvez retrouver cette vidéo à cette adresse http://www.dailymotion.com/faresouda/video/x6d6pm_palestine-cap-bouamama-150-mb_news .

L’après midi, alors que des jeunes palestiniens et français poursuivaient et peaufinaient avec grande concentration leur spectacle pour la soirée dans la grande salle, d’autres s’affairaient dans la cuisine à concocter un plat palestinien pour le dîner. Mais laissons plutôt la parole à Béatrice nous raconter plus en détail cette aventure culinaire palestino-française:

 Palestinian cook

Aujourd’hui mercredi, autre jour mémorable de cette semaine mémorable dans la cuisine du centre social et de la « Table d’Hôtes » à Lormont.

Nasser, Mourad, Mohammed s’affairent à découper la viande de bœuf. Je découvre qu’ils la lavent pour enlever tout le sang. « Moi aussi, me dit Florence, je fais cela, confortée par Sati de la Table d’Hôtes, ainsi que Hogan qui « lave aussi le poulet avec du citron pour enlever toutes les impuretés. »

Hood et Asmaa se débarrassent de tous leurs bijoux après avoir épluché les oignons et pleuré tout leur saoûl.

Tous nous préparent un plat traditionnel palestinien : le MAKLOUBA, qui signifie en substance « renverser » (en gros c’est un peu le principe de la tarte TATIN).

Grand échange sur la nécessité de mettre ou pas de la cardamone, que nous n’avons de toute façon pas acheté. « Impossible n’est pas palestinien ». Florence court en chercher chez Sud Marché qui en fourni.

Préparation de la cuisson : Sati (autre dame de la table d’Hôtes) explique le maniement du gaz. Mourad met l’huile de tournesol dans une casserole géante, pour faire revenir les oignons coupés en petits morceaux. Il surveille ensuite le blondissement des oignons.

Se met en place dans la foulée un atelier de découpage des aubergines (en rondelles de 3 à 4 millimètres d’épaisseur). Nasser et Asmaa font une démonstration. Françoise s’y essaye et s’en sort plutôt bien. Asmaa sale le tout et laisse reposer quelques instants. Il faut maintenant faire revenir les aubergines. Zut, il n’y a plus de gaz. J’arrive dit Muriel. Nasser s’empresse de répéter « Muriel, j’arrive, for le gaz ». Tout rentre dans l’ordre.

S’étant éclipsé quelques instants, Nasser revient avec une grande passoire en aluminium en la détournant de son usage premier : la passoire est devenu une derbouka. Quelle imagination ce Nasser ! Tout est bon pour faire de la musique.

Les aubergines cuisent, je devrais plutôt dire sont entrain de frire dans une grande quantité d’huile de tournesol. Une fois prêtes, Nasser et Mohammed les mettent sur un plat recouvert d’une feuille de papier absorbant, afin d’ôter le surplus de gras.

Retour côté viande. J’aperçois Mourad en grande conversation avec Ahmed, qui s’est subrepticement glissé dans la cuisine, écumer l’eau de cuisson.

Ah ! Un autre ingrédient se rajoute, qui était prévu, mais que nous avons oublié de faire tremper : les pois chiches. Heureusement, il y en a au congélateur. Nous les prenons, avec l’accord de Muriel et Nasser les met à tremper un certain temps. Ils cuiront ensuite avec le riz et les autres ingrédients.

Tiens j’aperçois Sati qui vient laver la salade pour le pique nique de demain. Elle nous prépare un taboulé turc, aidé de Robert qui est venu nous rejoindre et de Hogan. Puis c’est au tour de Cathy d’arriver : « Ouh là, c’est la canicule ici ! ».

Mohamed s’attaque maintenant à l’épluchage de l’ail avec Françoise. Alors là c’est le clou de l’après-midi. Nasser, qui a décidément plusieurs cordes à son oud, nous livre une « recette miracle » pour éplucher l’ail. Il prend une gousse d’ail, qu’il met  sur une planche à découper, puis tape dessus avec un verre (en fait c’est un peu le principe de la noix que l’on casse avec un objet dur, mais il fallait y penser). Tout le monde est époustouflé par ce génie. Bon, d’accord, çà ne marche pas à tous les coups, mais dans l’ensemble le résultat est plutôt très probant.

Je surprends un échange entre Florence, Mourad, Asmaa et Hood. Mourad le plaisantin dit que Hood qui ne cuisine pas beaucoup ne ferait pas une bonne épouse en Palestine tandis que lui ferait un excellent mari. Dis-moi Khalid, comment as-tu traduit l’intervention de Saïd BOUAMAMMA hier soir ? Mourad a du louper une étape… Je plaisante.

Oh, mais Mourad réagit en voyant le riz basmati que Françoise et moi avons acheté hier : « It is an american rize, bah ! ». Eh Mourad et le coca cola que tu viens de boire, c’est quoi ?! No comment !

Cà y’est, je suis dépassée, un autre ingrédient se rajoute : les tomates, qui sont illico presto découpées en rondelles. Je croyais que c’était prévu pour la salade. « Il y en a d’autres » me rassure Mohammed.

Françoise et Mohammed lavent ensuite le riz dans l’eau froide. Je suis ébahie devant cette hygiène scrupuleuse dont font montre nos jeunes amis.

Je vois ensuite plein de monde et j’entends plein de bruit près de la « casserole » de viande. Chacun y va de son avis, mais il semblerait que celle-ci soit un peu trop salée. Ce n’est pas grave, on va réajuster en salant peu ou pas le riz et les légumes.

Tiens un moment d’apaisement. Mourad nous fait une démonstration de ses progrès fulgurants en français.

Cà y’est la viande est cuite : 1 heure et 5 minutes, montre en main, me dit Mohammed.

Tiens les filles sont parties ainsi que Nasser. Un autre Mohammed (jeune de la GUPS) est venu nous rejoindre. On rentre et on sort comme dans un moulin dans cette cuisine !

Se prépare maintenant la cuisson du riz. Je devrais plutôt dire la cuisson du plat, car le riz va cuire avec le reste des ingrédients. Il faut cependant mesurer la quantité de riz, afin d’établir la proportion de liquide nécessaire à la cuisson du plat (le tout va cuire dans le jus de viande : 4 kilos de riz, donc 13 litres de liquide (il faut compter 2 verres de liquide pour 1 verre de riz).

S’opère avant l’ultime étape, le mélange du riz avec les épices : la cannelle, les clous de girofle, le poivre noir et la muscade, auxquelles on ajoute les gousses d’ail, les pois chiches et très peu de sel (compte tenu de ce qui s’est passé pour la viande. Tout le monde suit ? C’est un peu décousu ce compte rendu, j’en conviens, mais c’est à l’image de la préparation, tout le monde s’affaire partout).

Mais le but à atteindre est proche. Il s’agit maintenant d’arriver à l’étape finale, qui va montrer toute la richesse et l’inventivité de ce plat : l’association de tous les ingrédients.

Dans un grand récipient, on met une couche d’aubergines, puis une couche de tomates, une couche du mélange riz/ail/pois chiches, puis une couche de viande. Puis on rajoute une couche de riz afin de bien recouvrir la viande. Et on recommence tant qu’il reste des ingrédients. Où alors on met en œuvre le même procédé dans un autre plat. Compte tenu de la quantité, c’est l’option que choisit Mohammed. Le tout sera recouvert du jus de viande et pourra cuire au dernier moment (il faut compter une vingtaine de minutes de cuisson), car le plat se mange chaud.

Au moment de servir, il faut retourner le plat et servir de copieuses assiettes, comme nos amis l’ont fait ce soir.

Mais comme vous avez pu l’observer et surtout le goûter, le Maklouba était accompagné d’une délicieuse « salade orientale » préparée par Nasser, Hood et Asmaa qui étaient quand même revenus en cuisine depuis un moment. Cette salade est composée de concombres (je ne sais pas si vous êtes du même avis que moi, mais les petits concombres qui ont été utilisés et qui ressemblent à des gros cornichons sont biens meilleurs que les grands concombres) et de tomates, coupés en petits dés. Un mélange feuilles de menthe, persil et oignons agrémente le tout accompagné de jus de citron. J’espère n’avoir rien oublié, car j’ai dû m’absenter avant la fin de la préparation pour cause de réunion.

Alors votre avis sur ces compositions palestiniennes ?

Béatrice

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A l’heure du dîner, il va s’en dire que l’attente était grande pour déguster ce plat qui a été dévoré avec délectation par tous les convives. La soirée à commencé par le spectacle préparé par les jeunes palestiniens et français commémorant la Nakba. Ce spectacle riche et émouvant mêlant théâtre, chants et vidéo a évoqué de manière digne et sublime la catastrophe palestinienne de 1948.  Le public a été scotché par l’intensité de cette représentation.  

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Ce spectacle a été suivi par l’intervention du cap sur le  thème de la censure et de la désinformation et de témoignages des palestiniens.  Cela a donné lieu à un débat et à des échanges passionnant avec un public fort intéressé. 

La soirée s’est poursuivie par la projection d’un petit film réalisé par Mourad de la troupe Al Rowwad qui montrait un dialogue sur l’évocation de la Nakba entre une grand-mère palestinienne et son petit fils. Entre temps, les jeunes palestiniens d’AJIAL qui étaient toujours bloqués au Liban en attente de visa, nous ont fait la surprise d’apparaitre en fin de soirée. Grande et longue  fût l’acclamation à leur apparition. Enfin ! Les voilà parmi nous ! La suite promet d’être intéressante… 

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