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5 ème journée

Posté par nemla le 9 août 2008

LA BATAILLE D’ALGER : présentation 

Introduction

CAP-soirée-problématique de l’oppression des peuples et résistance à l’oppression

Soirée-film-débat sur le film et la question du colonialisme et plus largement sur les formes de domination et les combats pour l’émancipation

Choix de ce film en raison du caractère paroxystique de la bataille d’Alger et du conflit algérien en général : stratégie d’écrasement du peuple algérien et radicalité de la résistance algérienne

Choix de ce film s’explique aussi par les résonnances du conflit algérien dans le monde :

  • Algérie symbolique pour les peuples du TM dans sa victoire militaire et politique face à l’impérialisme

J.Bricmont : grand changement du 20ième siècle c’est la décolonisation, la libération des peuples du TM et l’Algérie est emblématique à ce niveau

  • parallèles souvent effectués entre la lutte de libération nationale algérienne et la résistance palestinienne

Il ne s’agit pas de donner des leçons aux résistants palestiniens, surtout que les conditions historiques diffèrent profondément

Cependant d’un point de vue général, on peut remarquer au moins trois caractéristiques communes entre l’Algérie et
la Palestine :

-les causes socio-historiques : l’impérialisme occidental, le besoin de débouché pour les produits, le besoin de matières premières, la nécessité de trouver des occupations enrichissantes pour les déclassés. Le mouvement sioniste n’est pas un mouvement national mais une entreprise coloniale.

-la forme globale de la colonisation : colonie de peuplement et tentative de destruction du peuple autochtone

Cf O.Lacour Grandmaison : Coloniser, exterminer : la politique génocidaire appliquée en Algérie n’a rien envié à celle appliquée par les nazis envers les juifs

-la finalité de la lutte, la libération totale du territoire et l’autodétermination, sont les mêmes en Algérie et en Palestine.

  • rapport néocolonial dans les quartiers populaires en France analysé comme une continuation de la colonisation algérienne et du conflit algérien

ex : état d’exception imposé aux banlieues françaises en novembre 2005

S.Bouamama : traitement raciste et discriminatoire des habitants issus de l’immigration s’explique par l’absence de décolonisation des cerveaux, par la permanence d’un imaginaire colonial puissant

Resituer le film dans l’histoire

Film : production algéro-italienne, réalisateur Gillo Pontecorvo, collaboration avec Yacef Saadi, un des leaders de la bataille d’Alger, 1965, 3 ans après l’indépendance

Héros : Ali Lapointe, un délinquant de
la Casbah algéroise qui va s’engager dans Le FLN et qui aura un rôle crucial au niveau opérationnel

Autres personnages historique importants dans le film : Laarbi Ben M’hidi, stratège de la bataille d’Alger, Yacef Saadi, commandant  de l’ALN, Hassiba Beb Bouali, poseuse de bombes et du coté français le général Massu ou le colonel Mathieu à la tête des paras et chargés de la répression

Bataille d’Alger est une séquence de
la Guerre d’Algérie commencée 3 ans plus tôt et la guerre d’Algérie n’est que le moment de radicalisation de la résistance algérienne qui  a débuté dès 1830 avec la colonisation française :

  • 1830-1847 : résistance acharnée sous la direction de l’Emir Abdelkader dans tout l’ouest algérien

  • 1864-1884: la confédération tribale des Ouled Sidi-Cheikh lance une insurrection emmenée par Cheikh Bouamama dans les régions au sud d’Oran

  • 1871-72 : insurrection d’El Mokrani, en Kabylie, contre la confiscation des terres.

  • 1877-1912 : Révolte des Touaregs du Hoggar avec Cheikh Amoud Ben Mokhtar

  • 1926: fondation, à Paris, de l’Etoile nord-africaine, dirigée par Messali Hadj. Son objectif: l’indépendance de l’Algérie. Accusée de propagande subversive, elle est interdite en 1929.

  • mai 1931 : création de l’association des Oulémas par Cheikh Abdelhamid Ben Badis redéfinition de l’algérianité sur une base culturelle et religieuse

  • 8 mai 1945 : manifestations et violentes répressions dans le constantinois à Sétif et Guelma (45000 morts)

La récurrence et la violence de ces mouvements de lutte s’explique par la détermination de l’occupant français à refuser toute forme de négociation et de concession. Le caractère implacable de la domination française va déboucher sur la guerre d’Algérie

Lien avec les 2 intifada et le risque d’embrasement général de la région

La connaissance de la bataille d’Alger est très importante parce qu’elle constitue le tournant de la guerre d’Algérie. Elle a déterminé l’issue de la guerre d’Algérie.

Durant les 3 premières années, la guerre était cantonnée aux maquis et aux milieux ruraux. Avec la bataille d’Alger, elle se déplace dans les centres urbains dans lesquels l’occupant est plus vulnérable car ce sont les centres de pouvoir, les lieux où la population française est concentrée, les espaces les mieux sécurisés. Ainsi les coups portés par la guérilla sont plus décisifs, touchent davantage l’adversaire.

La décision de déplacer la lutte dans la capitale revient à Larbi Ben M’hidi, le stratège de la révolution algérienne. Celui-ci ne verra pas les résultats de son option de génie car assassiné par les hommes de Paul Aussaresse d’après l’ordre de F.Mitterrand alors ministre de la justice.

Le succès de la bataille d’Alger ne tient pas dans les aspects militaires car le réseau de l’ALN mis en place par Ben M’Hidi va être totalement démantelé par les militaires français. La victoire est politique pour deux raisons :

  • Elle crée des divisions au sein de l’occupant, à l’intérieur de la hiérarchie militaire et entre le pouvoir métropolitain et les autorités coloniales. Dès 1958, De Gaule envisage l’idée de l’indépendance de l’Algérie. Ce n’est pas De Gaulle qui a accordé l’indépendance aux Algériens comme l’idéologie coloniale veut encore nous le faire croire. De Gaulle a simplement compris la nécessité historique de l’indépendance de l’Algérie parce que le pouvoir français commençait à se fissurer et que le peuple algérien était entièrement acquis à l’idéal d’indépendance. Voici une citation de Ben M’hidi parlante à cet égard : « Je crois plus à la capacité du FLN à vaincre
    la France qu’à celle de
    la France à s’opposer à la marche de l’Histoire. »

  • La bataille d’Alger a eu un écho international. Les grandes puissances, EU et URSS, et l’ONU commencent à faire pression sur
    la France.

Le film à travers l’histoire

Le film a immédiatement eu un succès foudroyant en Algérie, en Italie et dans d’autres pays. En France, le film sera censuré pendant près de 40 ans car considéré comme un instrument de propagande. Il ne sera diffusé qu’en 2004 par la chaine très peu populaire d’Arte. Il est ainsi évident que
la France n’est pas sortie de son rapport colonial subjectif à l’Algérie

Ex : la loi sur les effets positifs de la colonisation

Ex : la visite houleuse de Sarkosi en Algérie

Les représentations colonialistes encore fortement ancrées dans l’imaginaire français, dans l’inconscient social de
la Nation française constituent un obstacle à l’analyse lucide et juste de la question palestinienne. Car subrepticement  il y une projection du conflit franco-algérien sur le conflit israélo-palestinien. Derrière l’indigène palestinien se profile l’ombre menaçante de l’indigène algérien. Ils sont arabes tout deux, donc porteurs d’une certaine forme de sauvagerie, quasi-hermétiques à toute forme de civilisation et de démocratie. Israël n’est-elle pas une démocratie face aux fanatiques du Hamas ? Un mécanisme d’identification se met en place qui assimile l’algérien au palestinien et rapproche le français de l’israélien. D’où cette tendance à l’adhésion silencieuse aux thèses sionistes au sein de la population française.

Deuxième grande dimension de l’histoire de ce film, c’est qu’il a servi d’outil pédagogique pour l’étude des méthodes de contre-insurrection dans les écoles militaires à travers le monde. Il sera utilisé en particulier par les militaires français dans l’enseignement sur les guerres révolutionnaires qu’ils donnent en Amérique Latine, dans l’Ecole des Amériques. Aussaresse l’utilisera aussi dans l’Ecole de Fort Bragg aux Etats-Unis dans laquelle il formera les futurs cadres politiques et militaires des pays d’Amérique latine.

Le film est aussi étudié en 2003 par le gouvernement et l’armée américaine pour préparer la guerre en Irak et la prise de Bagdad. Selon le journal Le Monde (8 septembre 2003), des officiers d’état-major de l’Armée américaine auraient assisté, le 27 août, dans un auditorium du Pentagone à une projection de
La Bataille d’Alger, afin d’avoir un aperçu de la
guerre subversive menée par
la France durant cette période et faire un parallèle avec les problèmes rencontrés lors de l’occupation de
Bagdad durant la guerre en Irak. En 2003, le film, considéré comme un modèle d’enseignement sur la guérilla urbaine, est projeté au Pentagone devant Donald Rumsfeld pour mieux comprendre les développements de la guerre en Irak.

La Bataille d’Alger est un film qui aura marqué l’histoire en raison de sa qualité propre. Mais il a été propulsé au devant de scène par la réalité historique de l’Algérie à savoir que ce pays a constitué et constitue toujours un laboratoire des stratégies d’insurrection et de contre-insurrection. Déjà aux 19ième siècle une réflexion fondamentale sur les techniques d’éradication de la guérilla avait été engagée par Bugeaud, gouverneur militaire de l’Algérie. La guerre d’Algérie a constitué un autre moment crucial pour les militaires français fraichement battus en Indochine d’affiner leurs techniques contre-insurrectionnelles. La guerre civile algérienne des années 90 a suscité l’intérêt des militaires américains qui ont cherché à comprendre comment les généraux algériens avaient réussi à défaire l’insurrection islamiste. En Irak, il est clair que la stratégie du chaos appliqué par les militaires algériens contre leur peuple ait été reproduite par les militaires américains. Il semble très probable que les sionistes sont entrain de faire la même chose en Palestine.

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4ème journée

Posté par nemla le 8 août 2008

Une journée à la plage et un parcours mémoire en soirée

Devant le centre social à 10 heures du matin, 3 bus et le minibus de la structure prennent le chemin de la plage.

Un groupe de plus de 100 personnes, des familles habitantes de Lormont, tous les jeunes et volontaires participants au projet se retrouvent une heure plus tard à Hosteins et sa plage accueillante et bien sympathique. Pour le groupe de jeunes, après l’intensité des trois jours passés, petit temps calme auprès de l’eau, quelques baignades pour les courageux et beaucoup de discussions -Moment paisible.

Puis vient le temps d’aller déguster le délicieux pique nique préparé par la Table d’Hôtes, en particulier la salade de pâtes que Valérie aura eu la riche idée d’agrémenter avec de l’aneth, avant de retourner pour un temps à son travail d’écriture et le délicieux taboulé turc savamment préparé notamment par Sati.

4ème journée dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR... img0665

Comme prévu, les familles apportent les gâteaux qu’elles ont cuisinés pour constituer une belle table de desserts que nous allons partager. Et au milieu du public, réunis autour du café, Woud et Ribal, d’Al Rowwad, entament une dabké sous les arbres et transmettent à plusieurs l’envie de s’essayer et de se lancer à leur tour sous les conseils de Asmaa, Ribal et Ahmad.

img0662 dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR...Sieste pour certains, intenses discussions pour d’autres… Les jeunes palestiniens, les militants du CAP échangent avec les familles sur la cause palestinienne. Pour une fois, nous avons le temps de parler! Un jeune palestinien et un ancien résistant espagnol ont pu échanger, parler de la Palestine et de la guerre civile en Espagne… venant ainsi nous rappeler le projet initial ambitieux du CAP qui était de faire réunir des jeunes palestiniens, espagnols, algériens et français, et qui n’avaient pu se réaliser faute de moyens suffisants.

Le vent et la pluie qui menacent viennent interrompre ce temps de détente et d’échanges ; l’occasion pour le groupe de jeunes participants de se reposer avant de repartir dans les rues de Bordeaux pour suivre, avec l’association DIVERSITES, le parcours mémoire sur le rôle joué par Bordeaux dans la traite des noirs et de l’esclavage. (Voir ce parcours filmé sur ce lien http://www.dailymotion.com/video/x6ezat_diver-cite-et-les-jeunes-palestinie_news )

Le groupe s’étire le long des six étapes, tente d’entendre les explications des organisateurs et arrive sur la place des Quinconces. La colonne des Girondins avait-elle déjà vu un drapeau palestinien accroché à son flanc et son parvis frappé du pas énergique des danseurs de dabké qui ne s’arrêtent jamais.

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Cette petite « respiration estivale » de l’après-midi fut bienvenue au milieu d’une semaine au programme bien dense, permettant ainsi aux six jeunes d’AJIAL, arrivés enfin la veille tardivement, une petite transition avant de plonger à leur tour dans l’effervescence des préparatifs de la soirée publique finale. Ce fut également une occasion supplémentaire de favoriser les temps de « découvertes » entre les jeunes palestiniens.

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troisième journée

Posté par nemla le 7 août 2008

Ce mercredi 6 août  a été très animé. En matinée les jeunes palestiniens et français se consacraient à leurs travaux artistiques en vue de la représentation théâtrale qui ouvrira la soirée sur la commémoration de la Nakba.

Pendant ce temps,  le Comité Action Palestine réalisait une interview filmée de Saïd Bouamama sur la question palestinienne. Riche en analyse et en enseignement, cette interview sera très prochainement disponible sur le site du Comité Action Palestine. En attendant, vous pouvez retrouver cette vidéo à cette adresse http://www.dailymotion.com/faresouda/video/x6d6pm_palestine-cap-bouamama-150-mb_news .

L’après midi, alors que des jeunes palestiniens et français poursuivaient et peaufinaient avec grande concentration leur spectacle pour la soirée dans la grande salle, d’autres s’affairaient dans la cuisine à concocter un plat palestinien pour le dîner. Mais laissons plutôt la parole à Béatrice nous raconter plus en détail cette aventure culinaire palestino-française:

 Palestinian cook

Aujourd’hui mercredi, autre jour mémorable de cette semaine mémorable dans la cuisine du centre social et de la « Table d’Hôtes » à Lormont.

Nasser, Mourad, Mohammed s’affairent à découper la viande de bœuf. Je découvre qu’ils la lavent pour enlever tout le sang. « Moi aussi, me dit Florence, je fais cela, confortée par Sati de la Table d’Hôtes, ainsi que Hogan qui « lave aussi le poulet avec du citron pour enlever toutes les impuretés. »

Hood et Asmaa se débarrassent de tous leurs bijoux après avoir épluché les oignons et pleuré tout leur saoûl.

Tous nous préparent un plat traditionnel palestinien : le MAKLOUBA, qui signifie en substance « renverser » (en gros c’est un peu le principe de la tarte TATIN).

Grand échange sur la nécessité de mettre ou pas de la cardamone, que nous n’avons de toute façon pas acheté. « Impossible n’est pas palestinien ». Florence court en chercher chez Sud Marché qui en fourni.

Préparation de la cuisson : Sati (autre dame de la table d’Hôtes) explique le maniement du gaz. Mourad met l’huile de tournesol dans une casserole géante, pour faire revenir les oignons coupés en petits morceaux. Il surveille ensuite le blondissement des oignons.

Se met en place dans la foulée un atelier de découpage des aubergines (en rondelles de 3 à 4 millimètres d’épaisseur). Nasser et Asmaa font une démonstration. Françoise s’y essaye et s’en sort plutôt bien. Asmaa sale le tout et laisse reposer quelques instants. Il faut maintenant faire revenir les aubergines. Zut, il n’y a plus de gaz. J’arrive dit Muriel. Nasser s’empresse de répéter « Muriel, j’arrive, for le gaz ». Tout rentre dans l’ordre.

S’étant éclipsé quelques instants, Nasser revient avec une grande passoire en aluminium en la détournant de son usage premier : la passoire est devenu une derbouka. Quelle imagination ce Nasser ! Tout est bon pour faire de la musique.

Les aubergines cuisent, je devrais plutôt dire sont entrain de frire dans une grande quantité d’huile de tournesol. Une fois prêtes, Nasser et Mohammed les mettent sur un plat recouvert d’une feuille de papier absorbant, afin d’ôter le surplus de gras.

Retour côté viande. J’aperçois Mourad en grande conversation avec Ahmed, qui s’est subrepticement glissé dans la cuisine, écumer l’eau de cuisson.

Ah ! Un autre ingrédient se rajoute, qui était prévu, mais que nous avons oublié de faire tremper : les pois chiches. Heureusement, il y en a au congélateur. Nous les prenons, avec l’accord de Muriel et Nasser les met à tremper un certain temps. Ils cuiront ensuite avec le riz et les autres ingrédients.

Tiens j’aperçois Sati qui vient laver la salade pour le pique nique de demain. Elle nous prépare un taboulé turc, aidé de Robert qui est venu nous rejoindre et de Hogan. Puis c’est au tour de Cathy d’arriver : « Ouh là, c’est la canicule ici ! ».

Mohamed s’attaque maintenant à l’épluchage de l’ail avec Françoise. Alors là c’est le clou de l’après-midi. Nasser, qui a décidément plusieurs cordes à son oud, nous livre une « recette miracle » pour éplucher l’ail. Il prend une gousse d’ail, qu’il met  sur une planche à découper, puis tape dessus avec un verre (en fait c’est un peu le principe de la noix que l’on casse avec un objet dur, mais il fallait y penser). Tout le monde est époustouflé par ce génie. Bon, d’accord, çà ne marche pas à tous les coups, mais dans l’ensemble le résultat est plutôt très probant.

Je surprends un échange entre Florence, Mourad, Asmaa et Hood. Mourad le plaisantin dit que Hood qui ne cuisine pas beaucoup ne ferait pas une bonne épouse en Palestine tandis que lui ferait un excellent mari. Dis-moi Khalid, comment as-tu traduit l’intervention de Saïd BOUAMAMMA hier soir ? Mourad a du louper une étape… Je plaisante.

Oh, mais Mourad réagit en voyant le riz basmati que Françoise et moi avons acheté hier : « It is an american rize, bah ! ». Eh Mourad et le coca cola que tu viens de boire, c’est quoi ?! No comment !

Cà y’est, je suis dépassée, un autre ingrédient se rajoute : les tomates, qui sont illico presto découpées en rondelles. Je croyais que c’était prévu pour la salade. « Il y en a d’autres » me rassure Mohammed.

Françoise et Mohammed lavent ensuite le riz dans l’eau froide. Je suis ébahie devant cette hygiène scrupuleuse dont font montre nos jeunes amis.

Je vois ensuite plein de monde et j’entends plein de bruit près de la « casserole » de viande. Chacun y va de son avis, mais il semblerait que celle-ci soit un peu trop salée. Ce n’est pas grave, on va réajuster en salant peu ou pas le riz et les légumes.

Tiens un moment d’apaisement. Mourad nous fait une démonstration de ses progrès fulgurants en français.

Cà y’est la viande est cuite : 1 heure et 5 minutes, montre en main, me dit Mohammed.

Tiens les filles sont parties ainsi que Nasser. Un autre Mohammed (jeune de la GUPS) est venu nous rejoindre. On rentre et on sort comme dans un moulin dans cette cuisine !

Se prépare maintenant la cuisson du riz. Je devrais plutôt dire la cuisson du plat, car le riz va cuire avec le reste des ingrédients. Il faut cependant mesurer la quantité de riz, afin d’établir la proportion de liquide nécessaire à la cuisson du plat (le tout va cuire dans le jus de viande : 4 kilos de riz, donc 13 litres de liquide (il faut compter 2 verres de liquide pour 1 verre de riz).

S’opère avant l’ultime étape, le mélange du riz avec les épices : la cannelle, les clous de girofle, le poivre noir et la muscade, auxquelles on ajoute les gousses d’ail, les pois chiches et très peu de sel (compte tenu de ce qui s’est passé pour la viande. Tout le monde suit ? C’est un peu décousu ce compte rendu, j’en conviens, mais c’est à l’image de la préparation, tout le monde s’affaire partout).

Mais le but à atteindre est proche. Il s’agit maintenant d’arriver à l’étape finale, qui va montrer toute la richesse et l’inventivité de ce plat : l’association de tous les ingrédients.

Dans un grand récipient, on met une couche d’aubergines, puis une couche de tomates, une couche du mélange riz/ail/pois chiches, puis une couche de viande. Puis on rajoute une couche de riz afin de bien recouvrir la viande. Et on recommence tant qu’il reste des ingrédients. Où alors on met en œuvre le même procédé dans un autre plat. Compte tenu de la quantité, c’est l’option que choisit Mohammed. Le tout sera recouvert du jus de viande et pourra cuire au dernier moment (il faut compter une vingtaine de minutes de cuisson), car le plat se mange chaud.

Au moment de servir, il faut retourner le plat et servir de copieuses assiettes, comme nos amis l’ont fait ce soir.

Mais comme vous avez pu l’observer et surtout le goûter, le Maklouba était accompagné d’une délicieuse « salade orientale » préparée par Nasser, Hood et Asmaa qui étaient quand même revenus en cuisine depuis un moment. Cette salade est composée de concombres (je ne sais pas si vous êtes du même avis que moi, mais les petits concombres qui ont été utilisés et qui ressemblent à des gros cornichons sont biens meilleurs que les grands concombres) et de tomates, coupés en petits dés. Un mélange feuilles de menthe, persil et oignons agrémente le tout accompagné de jus de citron. J’espère n’avoir rien oublié, car j’ai dû m’absenter avant la fin de la préparation pour cause de réunion.

Alors votre avis sur ces compositions palestiniennes ?

Béatrice

troisième journée dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR... dsc0636 dsc06391 dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR...

A l’heure du dîner, il va s’en dire que l’attente était grande pour déguster ce plat qui a été dévoré avec délectation par tous les convives. La soirée à commencé par le spectacle préparé par les jeunes palestiniens et français commémorant la Nakba. Ce spectacle riche et émouvant mêlant théâtre, chants et vidéo a évoqué de manière digne et sublime la catastrophe palestinienne de 1948.  Le public a été scotché par l’intensité de cette représentation.  

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Ce spectacle a été suivi par l’intervention du cap sur le  thème de la censure et de la désinformation et de témoignages des palestiniens.  Cela a donné lieu à un débat et à des échanges passionnant avec un public fort intéressé. 

La soirée s’est poursuivie par la projection d’un petit film réalisé par Mourad de la troupe Al Rowwad qui montrait un dialogue sur l’évocation de la Nakba entre une grand-mère palestinienne et son petit fils. Entre temps, les jeunes palestiniens d’AJIAL qui étaient toujours bloqués au Liban en attente de visa, nous ont fait la surprise d’apparaitre en fin de soirée. Grande et longue  fût l’acclamation à leur apparition. Enfin ! Les voilà parmi nous ! La suite promet d’être intéressante… 

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2 ème journée

Posté par nemla le 5 août 2008

 2 ème journée dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR... mardisemainepalestienne012

Ce compte-rendu de la deuxième journée débute par un retour sur la fin de la première, et plus particulièrement sur la réception officielle qui s’est tenue à partir de 20 heures. Outre que les invités à cette soirée furent nombreux à se déplacer, cette réception fut marquée par différentes interventions artistiques des jeunes Palestiniens et Français. Les invités eurent droit à des extraits des créations artistiques qui seront présentées dans leur intégralité lors de la dernière soirée du samedi 9 août.

            Ce fut ainsi un moment d’émotion que de voir les jeunes d’Ittijah présenter une saynète mêlant chant (magnifique) et peinture pour évoquer la Nakba. Puis 3 slameurs locaux déclamèrent leurs textes ; enfin, les membres d’Al Rowwad donnaient un aperçu de la dabka, cette danse traditionnelle palestinienne qui a soulevé une ferveur certaine parmi le public. La soirée se terminait en chansons.

            La seconde journée, en attendant la conférence à 20 heures de Saïd Bouamama sur le thème de la discrimination, du racisme et du néo-colonialisme, fut essentiellement marquée par le débat instauré entre le sociologue et les jeunes Palestiniens.

            Son analyse des rapports dominants-dominés et son discours sur le processus de sortie de ce rapport, inspiré de Franz Fanon, provoquaient un débat passionnant.

            Un exemple pioché dans cette après-midi : 2 jeunes présentaient une saynète dans laquelle une jeune fille, les yeux bandés, se tenait face à un tortionnaire qui pointait un pistolet sur elle et lui intimait l’ordre de se baisser. La jeune fille répondait, en refusant d’obéir, qu’il devrait plutôt passer sur son corps. Cette courte séquence était ensuite décryptée, tant sur le plan artistique par Christian Rousseau, qui demandait à chaque spectateur de mettre un mot sur cette scène, que sur le plan politique par Saïd Bouamama, qui évoquait ce qu’elle avait de positif (la dignité) et de négatif (pas d’espoir, d’ouverture sur l’avenir). Cette confrontation était donc doublement enrichissante et elle permettait d’offrir à ces jeunes créateurs des perspectives nouvelles qu’ils ne manqueront certainement pas d’utiliser dans leurs réalisations futures.

            Toujours est-il que la teneur et le niveau des débats laissent augurer d’une soirée fort passionnante, sous l’égide de Saïd Bouamama.

En effet, la soirée du mardi 5 août a été une soirée exceptionnelle tant du point de vue du nombre de personnes présentes (salle comble), de l’ambiance chaleureuse que de la qualité de l’intervention du sociologue-militant Saïd Bouamama et de la richesse du débat qui a suivi.

La conférence avait pour thème « Du colonialisme au néocolonialisme : racisme et discriminations » et Saïd Bouamama nous a gratifié d’une analyse à la fois complexe dans son contenu et simple dans sa formulation.

L’axe théorique central qui a parcouru son exposé a porté sur les conditions qui rendent possible la colonisation au niveau de l’imaginaire occidental et au niveau des structures économiques. Il a aussi montré que la lutte des dominés devait passer par une autonomisation politique dans le rapport aux dominants. Il a enfin expliqué que les structures mentales du colonialisme perduraient en France s’exprimant dans le racisme contre les habitants des quartiers populaires issus de l’immigration.

La soirée s’est poursuivie par la projection d’un petit film réalisé par la troupe Al Rowwad qui montrait une danse typiquement palestinienne, la dabka. Puis deux jeunes de la troupe Al Rowwad ici présents ont réalisé cette danse devant un public encore nombreux.

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Vous pouvez retrouver une interview de Said Bouamama réalisée par le Comité Action Palestine le 6 août 2008, sur le site de l’association : www.comiteactionpalestine.org

 

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1ère journée

Posté par nemla le 5 août 2008

            Ce lundi 4 août était la première véritable journée du séjour des Palestiniens à Lormont. La plupart d’entre eux étant arrivés la veille, il était normal qu’ils aient besoin d’un peu de repos. La matinée débuta donc avec quelque retard sur l’horaire prévu. Mais, hormis les étudiants de
la GUPS attendus dans la soirée, et les jeunes d’AJIAL toujours bloqués au Liban en attente de visa, tous étaient bien présents à 10 h 30.

            Une réunion générale allait permettre de faire plus ample connaissance. Le Comité Action Palestine, initiateur du projet, rappelait les principes fondamentaux de sa Charte et précisait combien était important pour lui de recevoir des Palestiniens, pour écouter leur parole et la transmettre le plus largement possible au public de France. Puis Christian Rousseau, en tant que directeur artistique, exposait ce qu’il attendait de nos hôtes en mettant l’accent lui aussi sur leur parole et plus généralement leur expression, quelle que soit la forme qu’elle veuille prendre. Les différents participants entraient ensuite en scène de manière quelque peu ludique, puisque après avoir formé des binômes qui s’étaient consulté pendant dix minutes, chacun devait présenter son voisin. Il est parfois plus facile de parler de l’autre que de parler de soi en public, et cette façon originale d’appréhender autrui permettait déjà de mieux se connaître.

            Puis vint le temps des agapes, savamment concoctées par des membres du CAP et du centre social de Génicart.

          L’après-midi, fort intéressante, débutait par une discussion sur l’histoire de la Palestine et sur la façon que chacun avait d’appréhender sa propre situation en fonction du parcours de sa famille. Les problèmes d’identité furent vite au centre des débats, plus ou moins prononcés selon que certains vivaient dans les territoires de 48 ou dans le reste de la Palestine. Mais chacun s’accordait à reconnaître que la Palestine était sa patrie, même si ce concept pouvait revêtir des acceptions parfois différentes. Une jeune française, d’origine algérienne, ne manquait pas de faire remarquer que ces problèmes d’identité, toutes proportions gardées, pouvaient présenter des analogies avec ceux des immigrés en France. Les effets du colonialisme sont bien souvent les mêmes.

            Par la suite, les Palestiniens se consacraient à leurs travaux artistiques. Quelques moments de détente puis c’était l’heure du repas et de la réception officielle.

            Une première journée bien remplie qui s’achevait sur un quartier libre bien venu.

1ère journée dans LA RENCONTRE AU JOUR...lE JOUR... rencontrepalestienne0820080491

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